Soit f et g deux fonctions définies et continues sur un intervalle  (  ).

 

On se propose d’établir, dans cet exercice, l’inégalité :

 

 

1.    Justifier l’existence des intégrales ,  et .

 

2.    Pour tout réel x, on pose :

 

 

a.  Justifier l’existence de la fonction P.

b.  Donner, en justifiant, le signe de P.

         c.  On admet l’équivalence : .

              On suppose ici . Montrer alors que P est une fonction polynôme de degré 2.

     Que peut-on en déduire pour le discriminant associé à P ?

d.  Etablir .

 

 

 

 

Analyse

 

L’inégalité proposée est (très) classique. Tous les outils requis pour l’établir ne sont pas au programme de la classe de terminale S (l’équivalence de la question 2.c. est déterminante) mais l’essentiel oui. Une difficulté réside dans le distinguo que l’on doit clairement faire entre la variable x et la variable muette (« t » ici) intervenant dans les intégrales.

 

 

 

Résolution

 

Question 1.

 

Puisque les fonctions f et g sont continues sur l’intervalle , il en va de même pour les fonctions fg,  et  (produits de fonctions continues). On en tire immédiatement l’existence des intégrales considérées.

 

Les intégrales ,  et  existent.

 

 

Question 2.a.

 

Pour tout x réel fixé, la fonction  est continue sur l’intervalle  comme carré d’une fonction elle-même continue sur cet intervalle. On en déduit immédiatement l’existence de l’intégrale.

 

Pour tout réel x, l’intégrale  existe.

 

 

Question 2.b.

 

Pour tout x réel fixé, on a : . On en déduit immédiatement que l’intégrale correspondante est positive. D’où :

 

 

 

 

Question 2.c.

 

En développant le carré, on obtient d’abord :

 

 

La linéarité de l’intégrale nous donne alors :

 

 

On obtient une expression de la forme  avec  (puisque, par hypothèse, on a  et  ),  et .

 

La fonction P est une fonction polynôme de degré 2.

 

 

A la question précédente, on a établi : . La fonction polynôme P gardant un signe constant, on en déduit que son discriminant est négatif.

 

Le discriminant associé à la fonction polynôme P est négatif.

 

 

Question 2.d.

 

Pour conclure, on doit distinguer deux cas suivant que la fonction f est nulle ou pas sur l’intervalle .

 

Si la fonction f est nulle sur l’intervalle , alors il en va de même pour les fonctions fg et . On en déduit alors immédiatement :  et . Ainsi, les deux membres de l’inégalité  sont nuls et  est vérifiée (égalité).

 

Si la fonction f n’est pas la fonction nulle sur l’intervalle . Alors, d’après la question 2.c., la fonction P est une fonction polynôme de degré 2 gardant un signe constant sur  et dont le discriminant associé est, de fait, négatif. Ce discriminant s’écrit :

 

 

Il vient alors :

 

 

L’inégalité est ainsi établie dans le deuxième cas. Elle est donc valable tout le temps.