On considère une fonction f définie et deux
fois dérivable sur un intervalle (
). Soit c appartenant à
.
1. On suppose que l’on a ici : .
En considérant
la fonction g définie sur par :
où est tel que
,
montrer qu’il existe un réel d dans
tel que :
2. On se place maintenant dans le cas
général où et
sont quelconques.
Montrer
qu’il existe un réel d dans tel que :
3. Donner une interprétation graphique du résultat obtenu à la question précédente.
La première question nous conduit assez « naturellement » à utiliser le théorème de Rolle au regard des hypothèses fournies. La généralisation de la deuxième est facilitée si on s’efforce de reprendre la démarche de la première question.
1. La fonction g est, comme la fonction f, définie sur
l’intervalle .
On a facilement, d’après les hypothèses sur la fonction f :
.
On note, par ailleurs, que la fonction g est obtenue en ajoutant à la
fonction f une fonction polynôme. La fonction f étant dérivable
sur
,
il en va donc de même pour la fonction g.
Appliquons alors le théorème de
Rolle à la fonction g sur les intervalles et
:
on peut affirmer l’existence :
·
D’un réel dans
tel que
;
·
D’un réel dans
tel que
.
Puisque la fonction f est
deux fois dérivable sur l’intervalle ,
il en va de même pour la fonction g sur ce même intervalle. En particulier,
sur l’intervalle
,
la fonction g est dérivable et vérifie
.
On en déduit, toujours en
utilisant le théorème de Rolle, l’existence d’un réel d dans l’intervalle
tel que :
.
Or, à partir de ,
on a facilement
.
équivaut donc à :
,
soit :
.
La condition équivaut à :
,
soit :
.
On tire alors de ce qui précède le résultat demandé :
2. A la question précédente, c’est l’application « en deux temps » du théorème de Rolle (appliqué à une fonction g judicieusement construite) qui nous a permis de conclure.
Considérons encore une fonction g
définie sur par :
Pour l’instant, le choix d’une
valeur judicieuse de n’est pas … immédiat.
En revanche, comme nous perdons
l’hypothèse ,
on obtient
et
;
nous ne pouvons plus appliquer le théorème de Rolle.
Le théorème des accroissements
finis appliqués à la fonction g sur les intervalles et
nous permet cependant d’affirmer
l’existence :
·
D’un réel dans
tel que
;
·
D’un réel dans
tel que
.
Plus explicitement, nous avons :
Et :
L’application du théorème de
Rolle à la fonction sur l’intervalle
sera possible en choisissant
de telle sorte que l’on ait :
.
Soit :
On a alors facilement :
Pour ce choix de ,
on a alors :
Ce résultat, très simple,
correspond au coefficient directeur de la droite passant par les points de
coordonnées et
… Nous y reviendrons un peu plus loin !
Dans ces conditions, le théorème
de Rolle nous permet d’affirmer l’existence d’un réel d dans
l’intervalle tel que :
.
Comme on a toujours : ,
l’égalité
équivaut encore à :
.
Soit :
On en tire alors le résultat cherché :
Commentons un peu la démarche précédente.
Le choix de est « illustré » sur la figure
ci-dessous :

De façon à obtenir l’égalité ,
on s’est débrouillé (i.e. on a choisi
) de telle sorte que le point de coordonnées
appartiennent à la droite passant par les
points
et
.
Ainsi, les droites passant par
et
,
d’une part, et
et
,
d’autre part, ont-elles le même coefficient directeur (il vaut
,
nous l’avons obtenu plus haut. En fait, ces deux droites sont confondues !).
C’est précisément ce que nous voulons (traduction graphique de l’égalité
).
Cet alignement se traduit simplement par :
L’égalité de la question 2
équivaut donc à : .
3. La première question correspond à un cas particulier de la seconde.
Si nous reprenons la figure ci-dessus en la complémentant un peu, on a :

La différence apparaît alors comme étant, éventuellement au
signe près, la distance, pour
,
entre le point de la courbe représentative de la fonction f (point E) et
le point correspondant sur la corde
(point C). soit :
Lorsque ,
on a :
et lorsque
,
on retrouve le résultat de la question 1 :
.