Soit une suite réelle convergente.
Que peut-on dire de la suite
?
La fonction partie entière confère aux entiers un rôle particulier puisqu’en ces points elle est discontinue. Cette remarque initiale permet de mener la discussion.
Notons : .
Nous allons distinguer deux situations suivant que L est ou non un entier.
1er cas : L n’est pas entier ( ).
On a donc : .
Soit alors .
On a : .
Pour tout strictement positif tel que
,
on pourra trouver un entier N tel que pour tout entier naturel n
supérieur ou égal à N, on a :
.
On a alors :
et on en déduit dans ce cas :
On pouvait également utiliser le théorème suivant du cours :
Si la suite converge vers L et si une fonction f,
définie sur un voisinage de L, est continue en L alors
converge vers
.
En tout point de ,
la fonction partie entière est continue et on peut donc appliquer le théorème.
2ème cas : L est entier ( ).
Puisque la suite converge vers L, on sait qu’il existe
un rang N (prendre
) au-delà duquel tous les termes seront dans
l’intervalle
.
La partie entière d’un tel terme vaudra donc
ou L. Ainsi, contrairement au cas
précédent, la suite peut ne pas converger, converger vers
ou vers L.
A titre d’illustration, on peut considérer les trois suites :
,
et
définies par :
,
et
On a facilement : .
Pour autant, les termes de la suite valent alternativement 2 et 3 (en fait, les
suites extraites
et
sont constantes et prennent comme valeurs
respectives 3 et 2 qui sont les deux valeurs d’adhérence de la suite
).
La suite est donc divergente.
A contrario, pour tout n entier naturel non nul, on
a : et donc :
.
La suite converge et admet pour limite :
.
Enfin, pour tout n entier naturel dans ,
on a
et donc
.
La suite converge et admet pour limite :
.
Si est une suite réelle convergeant vers L
alors :
·
Si ,
la suite
converge vers
:
;
·
Si ,
la suite
peut diverger ou converger (vers
ou vers L).