La structure de ce déterminant, très classique, suggère de
mener une récurrence, le calcul de et
pouvant mener, si on ne la connaît pas, à
proposer la formule générale. Mais la structure très particulière de ce
déterminant peut également nous conduire à observer d’emblée les cas
d’annulation et à en tirer profit. La correction propose les deux approches.
Pour ,
on a :
Pour ,
on a :
Diverses possibilités s’offrent à nous.
On peut, par exemple, développer suivant la première colonne :
Ce calcul ne semble pas propice à une généralisation dans le cadre d’un raisonnement par récurrence. Mieux vaut, avant de développer, effectuer quelques transformation sur les colonnes afin de faire plus simplement apparaître les facteurs du résultat.
Nous commençons par retrancher à la troisième (et dernière)
colonne fois la seconde :
Nous retranchons ensuite à la deuxième colonne fois la première :
On factorise alors :
On développe alors suivant la première ligne :
La fin du calcul en révèle tout l’intérêt : un
mécanisme de récurrence est apparu (ayant travaillé avec ,
c’est
qui apparaît à
,
par exemple, c’est naturellement,
qui serait apparu …) !
Les calculs précédents conduisent à poser :
Nous venons d’établir cette égalité pour et
.
Supposons qu’elle soit vraie au rang n et montrons qu’elle l’est au rang
.
On considère donc maintenant :
Nous procédons comme précédemment en partant de la dernière
colonne (la colonne ) à laquelle nous retranchons
fois l’avant-dernière (la colonne n).
Puis nous retranchons à l’avant-dernière
fois l’antépénultième (la colonne
) et ainsi de suite en finissant par
retrancher à la seconde colonne
fois
On développe immédiatement suivant la première ligne :
La factorisation est alors immédiate :
On peut alors appliquer l’hypothèse de récurrence à puisqu’il s’agit d’un déterminant de
Vandermonde d’ordre n :
.
Finalement :
L’égalité est ainsi établie au rang .
On a bien :
On constate d’emblée que le déterminant est nul dès lors que
pour deux indices différents (deux lignes sont
alors identiques).
Posons alors :
La fonction f est une fonction polynôme de degré s’annulant pour
,
,
… et
.
On dispose donc des
racines et il vient immédiatement :
Où est un coefficient à déterminer. Si on
développe
suivant la première ligne, on constate que le
coefficient de
est :
Il s’agit simplement du coefficient cherché.
On a donc, finalement : .
Mais : .
Finalement :
En choisissant ,
on retrouve la relation :