Soit E le  espace vectoriel des suites réelles .

Soit alors f l’endomorphisme de E défini par :

 

 

 

Avec : .

 

Déterminer les éléments propres de f.

 

 

 

 

Analyse

 

L’une des difficultés de cet exercice provient du fait que nous sommes en dimension infinie et que les vecteurs considérés sont des suites réelles. En revenant à la définition d’une valeur propre, on parvient à engager la discussion …

 

 

 

Résolution

 

Soit  une valeur propre de f et u un vecteur propre associé à  (gardons présent à l’esprit le fait que u est une suite réelle).

 

Par définition, nous avons : .

Soit : .

C'est-à-dire : .

Soit enfin :

 

 

 

On obtient ainsi une infinité d’égalités :

 

 

 

La première égalité nous conduit à distinguer deux cas :  ou .

 

Pour , la première égalité est vérifiée pour toute valeur de .

La deuxième égalité fournit alors : , la troisième .

On calcule ainsi, de proche en proche,  et on obtient (faites-le en menant une récurrence !) :

 

 

Ainsi  est une valeur propre de f d’espace propre associé la droite vectorielle engendrée par la suite .

 

En posant , on est conduit à discuter cette fois au niveau de la deuxième égalité qui se récrit : . On va devoir distinguer les deux cas :  ou .

 

Pour , la seconde égalité est vérifiée pour toute valeur de .

La troisième égalité fournit alors, en tenant compte de  : .

Soit : .

On établit ensuite :  et, plus généralement (ici encore, une récurrence s’impose !) pour n entier supérieur ou égal à 2 : .

Les choses s’avèrent très intéressantes car cette expression redonne  lorsque l’on prend .

 

Ainsi, on peut conclure que  est une valeur propre de f d’espace propre associé la droite vectorielle engendrée par la suite  (le facteur 2 a été supprimé pour que l’expression du vecteur engendrant la droite soit plus simple).

 

En posant , on est conduit à discuter cette fois au niveau de la troisième égalité qui se récrit : . On va devoir distinguer les deux cas :  ou .

 

Pour , des calculs similaires aux précédents nous conduisent à une droite vectorielle engendrée par le vecteur .

 

Plus généralement, nous pouvons conjecturer que le sous-espace propre associé à la valeur propre  (  ) est la droite vectorielle engendrée par le vecteur :

 

 

 

Nous cherchons à établir : , soit :

 

 

 

Soit encore :

 

 

 

Rappelons que les  premiers termes de cette suite sont nuls : .

 

Pour tout entier naturel n dans , on a donc : .

 

Pour tout n supérieur ou égal à k on peut écrire :

 

 

 

Or, on remarque que l’on a :

 

 

 

Et :

 

 

 

L’égalité  se récrit alors :

 

.

 

Soit, finalement :

 

 

 

Cette égalité est immédiatement vérifiée pour  (  ).

 

Supposons maintenant que l’égalité  soit vraie au rang n.

 

Au rang , on a :

 

 

 

L’égalité est donc vérifiée au rang  et on peut conclure :

 

Pour tout entier n supérieur ou égal à k, on a :

 

 

 

 

En définitive, pour tout entier naturel n non nul, on a :

 

 

 

Pour tout entier naturel k dans , l’endomorphisme f admet pour valeur propre  et l’espace propre associé est la droite vectorielle engendrée par le vecteur u défini par :

 

 

 

 

 

Résultat final

 

 

Les valeurs propres de f sont les réels  avec .

 et pour tout k dans  :