Soit  un anneau commutatif et soit I un idéal de A.

On définit alors « le radical de I », noté , comme suit :

 

 

1.    Montrer que, pour tout idéal I de A,  est un idéal de I.

2.    Montrer que pour tout idéal I de A, .

3.    Montrer que pour tous idéaux I et J de A, on a : .

4.    Montrer que pour tous idéaux I et J de A, on a : .

5.    Soit , . Déterminer .

 

 

 

 

Analyse

 

Un exercice très classique qui passe en revue les principales propriétés du radical d’un idéal dans un anneau.

 

 

 

Résolution

 

Question 1.

 

Tout d’abord, comme , on en déduit que 0 appartient à  qui est donc non vide.

 

Dans un second temps, il convient d’établir que  est un sous-groupe de .

Considérons x et y deux éléments quelconques de . Il existe donc, par définition de , deux entiers naturels n et m tels que  et  soient deux éléments de I.

 

Soit alors . L’anneau A étant commutatif, on a :

 

 

Comme  (respectivement  ) appartient à I, il en va immédiatement de même pour toute puissance de x (respectivement y) d’exposant supérieur à m (respectivement n). On récrit alors la somme comme suit :

 

 

Dans la première somme, toutes les puissances  appartiennent à I. Comme c’est un idéal de A, il en va de même pour les produits .

Dans la seconde somme, toutes les puissances  appartiennent à I. comme c’est un idéal de A, il en va de même pour les produits .

 

En définitive, tous les termes de la somme  appartiennent à I et finalement  appartient à I.

 

On en déduit ainsi que  appartient à I.  est bien un sous-groupe de .

 

Soit maintenant x un élément quelconque de . Il existe donc un entier naturel n tel que  appartient à I. Pour tout élément a de A, on a alors :

 

 

Comme  appartient à I, idéal de A, on en tire immédiatement que , c'est-à-dire , appartient à I. En définitive,  appartient à .

 

 est un idéal de A.

 

 

Question 2.

 

Pour tout idéal I de A et pour tout x de I, on a : . On en déduit immédiatement : .

D’où : .

 

Comme nous avons montré, à la question précédente, que  était un idéal de A, l’inclusion précédente s’applique à  et il vient immédiatement : .

 

Soit maintenant x un élément de . Par définition, il existe un entier naturel n tel que . Mais il existe alors un deuxième entier naturel, m, tel que : . On en conclut que x appartient à . On a donc : .

 

La double inclusion fournit l’égalité.

 

Pour tout idéal I de A, on a :

 

 

 

Question 3.

 

Soit I et J deux idéaux de A.

 

Soit x dans . Par définition, il existe deux entiers n et m tels que  appartient à I et  appartient à J. Alors  appartient à I et  appartient à J ; c'est-à-dire :  appartient à . On en déduit alors que x appartient à .

On a donc : .

 

Soit maintenant x un élément de . Il existe donc un entier naturel n tel que  appartient à .  appartenant à I, on en déduit que x appartient à  ;  appartenant à J, on en déduit que x appartient à . En définitive, x appartient à .

On a donc : .

 

La double inclusion fournit l’égalité.

 

Pour tous idéaux I et J de A, on a :

 

 

 

Question 4.

 

Soit x dans . On peut donc écrire :  avec y appartenant à  et z appartenant à . Il existe donc deux entiers naturels n et m tels que  (et, de fait, I étant un idéal, toute puissance de y d’exposant supérieur à n) appartient à I et  appartient à J (et, de fait, J étant un idéal, toute puissance de z d’exposant supérieur à m).

 

De façon analogue à ce qui a été fait à la première question, on a :

 

 

Dans la première somme, toutes les puissances  appartiennent à J (car  ). Comme c’est un idéal de A, il en va de même pour les produits .

Dans la seconde somme, toutes les puissances  appartiennent à I (car  ). comme c’est un idéal de A, il en va de même pour les produits .

 

En définitive, la somme  appartient à . On en déduit immédiatement que l’élément  appartient à .

 

Pour tous idéaux I et J de A, on a :

 

 

 

Question 5.

 

Notons d’abord que toute puissance (d’exposant un entier naturel) d’un entier admet les mêmes diviseurs premiers que cet entier (s vaut 1 ou  suivant que l’entier est positif ou négatif. Les  sont des entiers naturels supérieurs à 1) :

 

 

On a aussi : .

 

De ce qui précède, on déduit qu’une condition nécessaire pour qu’une puissance d’un entier soit un multiple de 15 288 est que l’entier admette au moins 2, 3, 7 et 13 comme diviseurs premiers. En d’autres termes, l’entier doit être un multiple de , c'est-à-dire appartenir à .

 

Montrons que cette condition est suffisante.

Soit x un entier dans . On peut écrire :

 

 

On a alors :

 

 

Soit : .

 

Finalement : .